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LES CINQ CAVALIERS DE L’APOCALYPSE

AVEC :

Phil de Fer

JM les filles

Dom il nique

Pat Cashino

Fred le Mérou

Chapitre 1. Lundi 8 juin 2009 : où l’on passe de 0 mètres à 3000 mètres et vice versa (283 miles).

La troupe des cinq cavaliers de l’apocalypse s’était rassemblée la veille à Corte Madera, dans la Bay Area de San Francisco.

Au matin, pressés d’en découdre avec la route (Ze Road), nous enfourchons nos chevaux d’acier et quittons la concession Harley Davidson de Corte Madera où le Cool Raoul nous avait auparavant confié les montures.

Road Glide pour Phil, Electra Glide pour Dom, Street Glide pour JM, Softail Heritage pour Pat et Road King pour Fred.

Dans la précipitation, on oublie d’acheter la laisse de Dick. Tant pis ! En route pour l’Est selon le plan B (modification No 17).

Il faut dire que l’épouvantable situation météo sévissant sur tout le nord des Etats-Unis ne nous laisse guère que ce choix. 

Nous contournons San Francisco et rejoignons Modesto par la I580. Arrêt bière pour se mettre dans le bain. Après la fraîcheur de la baie, la chaleur de la San Joaquin Valley nous dénude rapidement, et c’est en T-shirt que nous atteignons La Grange, sur la 132, où nous nous arrêtons pour attaquer le premier hamburger d’une série qui sera longue. Pat en profite pour engranger sournoisement son premier kilo de trop.

Nous poursuivons notre route en direction du Yosemite National Park sans problème majeur. Seul Pat se fait du souci car sa jauge déconne et il ne sait pas très bien s’il va devoir bientôt payer ses excès alimentaires en poussant une moto vide de tout carburant.

Bientôt, au détour d’un virage, nous apercevons au loin les contreforts de la Sierra Nevada dont les sommets sont noyés dans les nuages.

A mesure que nous nous élevons, la température prend le chemin inverse et nous faisons bientôt un nouvel arrêt pour remettre les couches précédemment enlevées.



Le paysage est maintenant moins aride que dans la plaine et des senteurs de pins et d’eucalyptus viennent chatouiller nos narines.

Le temps commence à se gâter plus sérieusement alors que nous pénétrons dans le Yosemite : les nuages bas laissent présager une pluie imminente.

Après quelques kilomètres à l’allure modérée préconisée par la direction du parc, nous tombons sur un attroupement de voitures arrêtées dans le plus grand désordre sur les bas côtés de la route, alors que leurs occupants en sortent précipitamment pour observer quelque chose par delà la lisière de la forêt.

Mu par un instinct moutonnier puissant, nous nous arrêtons de même pour constater qu’il s’agit d’une famille d’ours qui batifole gaiement dans une clairière, insouciant de l’agitation des humains.

Cet épisode bucolique nous fait rater l’embranchement de la 120 que nous pensions emprunter car le temps de plus en plus mauvais nous avait fait opter pour une sortie rapide du parc. Las, nous nous y enfonçons plus profondément et cela nous permet d’observer une nature grandiose faite de forêts de conifères, de cascades géantes jaillissant de parois de granit majestueuses et de sous bois touffus. C’est magnifique !

Soudain, les nuages crèvent et c’est une pluie diluvienne qui s’abat sur nous. Phil s’arrête au milieu de la route, à la sortie d’un tunnel, pour enfiler précipitamment sa pèlerine. Tout le monde l’imite et nous repartons sous des trombes d’eau que les frondaisons des grands arbres peinent à atténuer.

Fred se distingue en couchant sa moto lors d’un arrêt acrobatique sur un bas côté de terre meuble, alors que Phil perd successivement ses clés et son bouchon de réservoir (mais comment fait-il ?).

En remontant du fond de la vallée, nous finissons par trouver le fameux embranchement avec la 120, de même qu’une station d’essence où nous pouvons abreuver nos montures assoiffées.

Il est alors 18 heures et nous décidons tout de même d’attaquer les cols qui doivent nous mener à Lee Vining, au bord du Mono Lake.

Belle montée dans la forêt jusqu’au col du Elery Lake, à 3'200 mètres d’altitude. Le paysage est devenu minéral, imposant, enneigé et glacial. Il fait près de zéro degré et, après la pluie, les cavaliers commencent à être engourdis par le froid.

Dans la montée au col, Pat a failli emboutir un ours qui traversait la route en galopant, alors que Dom a failli percuter une biche qui lui faisait les yeux doux. La vie sauvage n’est pas de tout repos !

Phil et JM descendent à fond vers Lee Vining, à plus de 70 mph, soit disant pour se réchauffer.

Derrière, cela suit plus gentiment, alternant les poses photos avec les rajouts de petite laine.

Finalement, tout le monde se retrouve vers 19h30 à Lee Vining où Phil a dégotté les dernières chambres disponibles dans un motel en bord de route, the Lake View Lodge.


Après un rapide et gras dîner dans la cantine et une furtive caresse au grizzli de bronze qui garde la vallée, tout le monde va se coucher.

10 heures en selle sur près de 300 miles, c’est pas mal pour une première journée.

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Chapitre 2. Mardi 9 juin 2009 : où l’on risque la panne sèche (379 miles).

Partis de Lee Vining vers 9 heures après un petit déjeuner roboratif et gras chez le mexicain de la veille et seul resto ouvert dans ce bled pour une étape devant nous mener à Caliente, Nevada, soit près de 400 miles.

Après avoir fait le plein d’essence, Dom essaye d’imiter Fred en couchant à son tour sa moto, sans mal pour la moto qui vous remercie.

Longue traversée des hautes plaines par la 120 jusqu’à Benton, puis la 6 jusqu’à Tonopah. La route est rythmée par les brisures de petites chaînes montagneuses que nous franchissons à l’aide de cols élégamment mis à disposition par le service des routes.

Nous prenons la 95 jusqu’à Goldfield, ancienne ville ayant eu une certaine splendeur dans un passé minier incertain avant de remarquer notre erreur et de rebrousser chemin pour revenir à Tonopah, capitale autoproclamée de la turquoise, o’u nous avalons rapidement un hamburger (qui l’eu cru) dans un café rempli de machines à sous. Dame ! On est au Nevada !  Nous poursuivons sur la 6 en direction de Warm Springs (2 maisons et une école) puis  bifurquons sur la 375 et nous arrêtons peu avant Rachel, en bordure de la célèbre et mystérieuse Zone 51, dans un bar tenu par des gens qui jurent avoir vu des UFO. Ils en font leur peu florissant fond de commerce et leur regard halluciné tendrait à prouver la véracité de leurs dires, à moins que l’ingestion de substances aussi psychotropes qu’illicites n’en soit la cause.

Et nous poursuivons notre route, en traversant d’immenses étendues de terres assez arides où paissent négligemment quelques têtes de bétail dont la densité de semble pas excéder une paire de cornes à l’hectare.

Fred manque d’ailleurs d’entrer en collision avec un jeune veau fou, dans une tentative courageuse de poursuivre l’étude rapprochée de la faune locale.



La dernière partie de la route se passe à vitesse moyenne, les yeux rivés sur la jauge, car le niveau de carburant baisse dangereusement sans que la proximité d’une quelconque pompe ne soit signalée. On égrène les cols avec angoisse et c’est finalement en roue libre que nous finissons par redescendre du Oak Spring Summit vers Caliente où nous arrivons littéralement asséchés.

Après une douche réparatrice, nous sortons en ville. En fait, elle est à moitié abandonnée et s’étend assez largement de part et d’autre des rails de la ligne de chemin de fer Ameritrak qui charrie nuit et jour des convois de marchandises déroulant leur wagons sur des kilomètres dans le mugissement régulier et sinistre des autorails furieux.

A force d’hésiter sur le choix des restaurants 5 étoiles proposés par l’office du tourisme du coin, nous atterrissons chez John, patron d’un bar morne qui nous offre de confectionner un repas simple de ses mains qu’il a d’ailleurs fort sales. Nous déclinons poliment.

Un peu plus loin, nous échouons dans un autre bar où on nous propose des pizzas surgelées et des sandwiches au pastrami glacé.

Il n’est que 20 heures 30, mais on nous fait comprendre qu’on ne trouvera rien d’autre en ville. Nous comprenons.

Tout en mastiquant tristement, nous observons deux spécimen de la faune locale absorbés dans une partie de billard entrecoupée de shots de whisky et de bières. Couple de Lenny et Georges improbable, ils semblent un peu dégénérés et sont rejoint par intermittence par des amis avec qui ils discourent fortement.

Après quelques bières pour faire descendre la gastronomie locale, nous partons nous coucher. Il est 21h30

Bonsoir les poules !

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Chapitre 3. Mercredi 10 juin 2009 : où l’on marche dans les canyons (240 miles).

Nous quittons Caliente en direction de Cedar City. Peu après avoir passé le col  de Panaca, nous entrons dans l’Utah, ce qui permet d’enlever les casques, cet Etat n’en exigeant pas le port.

Les paysages sont variés et la route agréable. Beaucoup de cultures. L’activité humaine y semble intense et ordonnée, portant visiblement la signature d’une organisation mormone assez rigoureuse. Nous atteignons ainsi sans histoire Cedar City vers 11 heures et demie, mais la ville n’offre guère d’endroits attrayants pour se désaltérer si bien que nous poursuivons jusqu’à Pangulch où nous trouvons de quoi manger et boire dans une taverne toute lambrissée et décorée de trophées de chasse imposants. Nous y dégustons une bière au nom suggestif de « Polygamy Beer ».

Nous allons encore abreuver nos montures, certains en profitant pour jouer les Sarko en les passant au karcher… juste avant d’affronter la poussière des canyons. Bon réflexe de suisse poutzeur.

Nous croisons occasionnellement des motards, généralement par paire, parfois plus. La route en direction de Bryce Canyon est plutôt belle et tranquille.

Nous croisons des groupes de biches à l’entrée du parc national et finissons par arrêter nos chevaux d’acier à l’ombre de grands pins.

Nous entamons alors la descente du canyon, sorte de spectaculaire cirque de roches rouges et de concrétions semblables aux pyramides d’Euseigne, quoiqu’un beaucoup plus grand nombre, forme et taille.

Nous marchons pendant près de 2 heures dans ce paysage minéral façonné par l’érosion et où l’affleurement des roches fait apparaître des couleurs rouge, orange, mauve, violette et parfois jaune. C’est étonnant et un peu magique.

Il y a naturellement beaucoup de touristes, ce qui n’effraie nullement les petit Chipmunk que l’on rencontre de ci de là.

Comme on se trouve toujours à une altitude supérieure à 2000 mètres, le souffle est parfois court à la remontée mais la ballade en vaut la peine. Cet amphithéâtre de pitons oxydés est époustouflant. Et encore, nous n’avons parcouru qu’une infime partie de ce parc qui offre plus de 50 miles de pistes à explorer.

Ayant ainsi permis à certains de nos muscles sous utilisés depuis quelques jours de se dérouiller, nous reprenons les bécanes et filons sur Escalante que nous atteignons vers 20 heures, après une petite frayeur pour Phil dont le témoin d’huile fait des siennes.

Accueillis à Escalante par un motard local, « The Desert Doctor » à qui Dom demande s’il n’aurait pas un bouchon de réservoir qui puisse remplacer celui manquant sur la boille de Phil (oublié on ne sait ou) « No problem » répond le gaillard qui revient 10 minutes plus tard avec la pièce manquante et à notre grande surprise, coiffé d'un bandana aux couleurs de la Suisse (très impressionnés nous étions), qu’il propose à USD 20.- Phil les lui règle en monnaie canadienne sans que le bon docteur ne sourcille. Ce type était vraiment le biker de la dernière chance avec un look d'enfer.

Dîner dans le seul café de l’endroit, le « Cowboy Blues » et nous nous glissons dans les plumes d’un petit motel à 23 heures, c'est-à-dire 22 heures car il y a eu changement de fuseau horaire. La moyenne chez les poules est donc sauve.

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Chapitre 4. Jeudi 11 juin 2009 : où la météo commence à sérieusement réduire nos options (245 miles).

Au petit déjeuner après une discussion autour de la carte, il ressort que l’option sud est la seule valable : il pleut sur l’ensemble de la moitié nord des Etats-Unis, de l’Est à l’Ouest.

Nous enfourchons aussitôt nos bécanes et c’est parti pour une magnifique journée de ride qui nous amène à Mexican Hat.

Nous empruntons d’abord la 12 puis la 24 jusqu’à Hanksville en montant et descendant à travers des forêts de bouleaux et de pins. Au détour des virages, s’ouvrent parfois des dégagements aussi soudains que profonds.

La température est agréable et les miles s’avalent facilement jusqu’à Hanksville où nous déjeunons rapidement d’un… hamburger accompagné d’eau minérale (désolé, nous n’avons plus la licence de vente de bière). Nous descendons dans le sud par la 95 qui nous fait traverser Glen Canyon et ses incroyables masses de roches rouges. Dans une espèce de chaos, des blocs de pierres gigantesques s’amassent, surplombés par des structures massives allant du rouge-orange au bordeaux sombre.

Plus bas coule paresseusement la Fremont River que nous finissons par longer jusqu’à son embranchement avec la Colorado River et du Lake Powell.

La chaleur est maintenant assez forte alors que le paysage se met à changer à la sortie du canyon. C’est maintenant une haute plaine que nous traversons, bordée par des mesa spectaculaires.

La 261 nous emmène à travers un paysage d’arbustes jusqu’au moment où elle s’arrête abruptement au bord d’une falaise de près de 600 mètres dominant la plaine de la San Juan River et, plus loin, Monument Valley.

Cet à pic est tout simplement à couper le souffle. Plus bas, on distingue la route qui serpente jusqu’à Mexican Hat.

Nous entamons alors la descente sur la route qui s’est transformée en piste taillée à même la paroi et recouverte de gravillons, calés en première, avec un précipice vertigineux d’un côté et la falaise de l’autre. Il s’agit de ne pas déraper, sinon c’est le grand saut !

Nous débouchons enfin sur la plaine et débouchons également des bières restées miraculeusement fraîches dans la glacière ambulante de Dom.

C’est ensuite une courte chevauchée vers Mexican Hat que nous atteignons vers 17 heures.

Nous prenons nos quartiers dans une petite maison du Lodge San Juan Trading Post surplombant la rivière. C’est superbe, la vie est belle !

Mexican Hat est à peine un village est sa réhabilitation semble difficile. Nous trouvons néanmoins un resto qui a l’air engageant, le « Swinging Steak », mais il faut avouer qu’il est plus pittoresque que bon.

Nous passons le reste de la soirée sur la terrasse de notre maison, à écouter le bruit de l’eau coulant dans la rivière et du vin rouge coulant dans nos gorges. Une douce soirée, quoi !

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Chapitre 5. Vendredi 12 juin 2009 : où l’on traverse les réserves indiennes (322 miles).

Encore une belle journée de route à travers le pays navajo. Nous quittons le Lodge vers 9 heures par la 163 et traversons Monument Valley et ses étonnants pitons rocheux façonnés par les vents.

La 59 nous mène ensuite en plein territoire navajo. On aperçoit de loin en loin des pistes menant à des maisons, souvent des caravanes, devant lesquelles pourrissent plusieurs carcasses de voitures. Ces plaines arides sont continuellement balayées par les vents et les buissons de mesquite arrachés roulent au gré des rafales. Les populations semblent assez miséreuses mais on ne voit guère d’autres véhicules que de rutilants 4x4 qui servent à transporter toutes sortes de marchandises, d’hommes ou de bêtes.

Nous nous arrêtons plus loin au Canyon de Chelly et son incroyable dépression de 700 mètres. On dirait qu’ici, la terre s’est littéralement enfoncée d’un coup, créant le canyon comme par aspiration. Sans descendre au fond, nous en contournons une partie avant de reprendre notre route.

Le déjeuner a lieu vers Greasewood puis nous poursuivons vers l’ouest en direction de Flagstaff par Indian Wells, Dilkon et Leupp, autant de bourgades endormies sous le soleil de plomb de l’Arizona.

C’est un paysage de plaines assez monotones, où les routes sont droites sur des dizaines de kilomètres avant d’effectuer un semblant de virage (annoncé à l’avance, s’il vous plait) avant de se dérouler à nouveau en un long ruban rectiligne. Et puis, graduellement, au sortir des réserves indiennes, alors que le revêtement de routes se fait miraculeusement plus lisse, la route s’élève vers les montagnes du plateau du Colorado. L’air se rafraîchit rapidement alors que nous atteignons Flagstaff en fin de journée.

Après la relative solitude désolée des plaines indiennes, il est assez bon de retrouver des contrées plus verdoyantes, mais la circulation s’y fait plus dense et les agglomérations plus importantes.

Dans Flagstaff, nous tournicotons un peu à la recherche d’un hôtel avant de trouver des chambres dans le motel Du Beau.

Sympathique endroit, le motel semble réservé à une clientèle assez jeune et peu fortunée. Il dégage un charme certain avec ses bâtiments de brique disposés en U dont les murs sont recouverts d’une végétation grimpante. Les locataires y prennent le frais sur le pas de porte des chambres. Au centre, un bâtiment comprenant la réception, une cuisine commune et une vaste salle de repos avec billard. Il y a un petit côté cottage anglais dans tout ça.






Lors de la répartition des chambres, Pat et Dom gagnent le gros lot en tirant celle qui comporte des lits superposés, ce qui laisse craindre le pire…

Petite douche rapide puis nous traversons la rue pour prendre l’apéritif sur la terrasse du bar « Atmosphère » dans les derniers rayons du soleil. C’est bien agréable.

La ville est petite mais la présence d’une université y rend l’ambiance assez décontractée. De plus, un festival de musique commence ce week-end là et les orchestres se mettent à fleurir sur les places et dans les arrières cours.

(dessin de Fréd)


On nous conseille un bon restaurant japonais qui se révèle être celui de l’hôtel Radisson. Laissant nos montures au repos, nous nous y rendons en taxi et nous nous gavons de tepanyake et autres sushis. Cela nous change agréablement de notre habituel menu « New York steak and french fries ».

La soirée se poursuit fort tard pour certains à écouter de la musique « live » de places en places puis dans les bars lorsque la température devient trop fraîche.

Le tempo lourd et métallique des trains de marchandises roulant sur la voie ferrée qui coupe la ville de part en part nous berce ensuite dans notre sommeil lourd de houblon.

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Chapitre 6. Samedi 13 juin 2009 : où l’on est gagné par la fièvre du jeu (335 miles).

Levés très tôt parce qu’on avait oublié la différence de fuseau horaire ayant cours dans l’Arizona, nous avalons un petit déjeuner composé essentiellement de café et d’aspirine pour les fêtards. Nous montons ensuite sur nos bêtes et quittons cette ville fort sympathique par une autoroute qui l’est moins.  Peu après, nous nous arrêtons à la concession HD au bord de l’autoroute 40 où les quatre cinquièmes de l’équipe se ruent pour faire leurs emplettes de t-shirts, foulards et autres colifichets siglés Harley-Davison. Seul l’angliche de service, amateur de Triumph, reste au dehors, confortablement assis au soleil.

Nous quittons la 40 peu après Ash Fork et abordons la mythique route 66. Nous traversons successivement Seligman et Peach Spring sans nous arrêter, ces villes étant un concentré de boutiques d’objets aussi divers que touristiques à la gloire de la route 66 (get your kicks etc…)

Dans un paysage assez monotone mais par une température idéale, nous roulons ainsi jusqu’à Kingman où nous stoppons pour déjeuner dans un Denny’s, la valeur sûre du Hamburger.

Après quoi, sous la direction d’un Phil de Fer soudain peu à l’aise, nous errons pendant trois quarts d’heure dans la zone industrielle à la recherche de la concession HD de la ville. C’est reparti pour un tour de boutique. C’est fascinant de voir ces rudes motards tout de cuir vêtus tourner autour des présentoirs en se pâmant comme des midinettes aux soldes de chez Zara.

Les achats de ces dames étant enfin terminés, nous reprenons la route en direction de Oatman et la Sitgreaves Pass, ancienne mine d’or surnommée la montagne aux ânes, tant les baudets y sont nombreux.

Alors que nous roulons sur une route qui tient plus de la piste, JM perd soudain casque et veste qui tombent de sa moto. Dom qui le suivait de près ne peut éviter de rouler sur la veste et l’appareil de photo qui s’y trouvait. Du coup, ce dernier se transforme en modèle extra plat avec une compression de photos très authentique. L'objet devient ainsi un "collector" et la veste marquée de l'empreinte du pneu de Dom également.

Plus loin, JM, encore lui, assassine froidement un lézard qui traversait la route.

Arrivés à Oatman dans la fournaise, nous faisons une halte à l’ombre pour siroter quelques bières sous le regard bienveillant d’une tête d’élan géant accrochée au mur du bar. Dans une boutique, Fred achète un drapeau de l’Arizona que, dans son incurable romantisme, il prenait pour le drapeau de la nation navajo. Faudrait arrêter le jus de cactus !

Nous redescendons la montagne par la Silver Creek Road. Dans la plaine, nous rejoignons Bullhead City puis la 95 jusqu’à Las Vegas où nous entrons en fin de journée. (dessin de Fréd)

La température a sérieusement grimpé dans ces régions désertiques et c’est en nage que nous atteignons l’hôtel Stratosphère où nous avions préalablement réservé des piaules.

Décrassage obligatoire sous la douche puis nous nous retrouvons vers 21 heures dans le lobby de l’hôtel.

Tout cet étage est envahi de tables de jeu et de machines à sous qui gloussent, cliquètent et déglutissent la petite monnaie des joueurs compulsifs dans un bruit permanant et assourdissant.

Nous sortons rapidement prendre un apéritif au dehors après avoir renoncé à monter dans la tour de l’hôtel dont le restaurant panoramique culmine à 300 mètres au dessus du Strip car la file d’attente était vraiment trop longue.

Dehors, happés par la nuit chaude, nous remontons doucement le Strip, emmenés par Phil de Fer qui nous promet une bière incessamment.

Une heure et demie après, alors que l’heure de l’apéro est largement passée, nous comprenons enfin qu’il recherche un bar Harley Davidson qui semble se trouver à l’opposé de notre hôtel.

Cette marche forcée dans une foule compacte bordée de rabatteurs mexicains nerveux (Tap ! Tap !) nous aura tout de même permis de longer ces hôtels-casinos ahurissants que sont le Venezia,  ses canaux et ses gondoles, le Paris et sa tour Eiffeil, le New York et autres folies.

Nous parvenons enfin dans l’antre HD qui recèle la moto originale du film culte « Easy Rider » et nous engloutissons illico de grands verres de cervoise fraîche avant d’aller se restaurer dans une taverne indienne (à lotus, pas à plumes) de mets ma foi délicieux mais qui brûlent probablement deux fois.

Rentrée tardive à l’hôtel où Pat Cashino justifie sa réputation en s’installant pour la nuit à une table de poker.

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Chapitre 7. Dimanche 14 juin 2009 : où l’on se perd dans le désert avant de se retrouver chez Roy's (215 miles).

A peine levés, nous nous précipitons à… la concession HD, bien sûr ! Une fois les emplettes faites, nous filons au sud par l’autoroute 15 pour s’arrêter peu après manger un morceau vers Roach, immense « fashion outlet » juste avant la frontière californienne.

Puis nous repartons. Phil avait donné auparavant les instructions de route et la sortie exacte à prendre, ce qui fait que deux motards sur trois ratent la sortie. S’ensuit une course poursuite de Phil qui reprend l’autoroute, Fred qui s’enfonce dans le désert de Mojave avant de revenir sur ses pas puis de sortir à nouveau à l’embranchement suivant pendant que les autres l’attendent à la sortie d’après (reconstitution des faits après enquête).

Ce qui fait qu’après moins de deux heures de route, Fred de retrouve à rouler seul dans le désert pendant que Phil, Pat JM et Dom poirotent, probablement du côté de Valley Wells ou Baker.

Les miles se déroulent dans un paysage de caillasse rompu par des milliers de Yuccas géants. La bourgade Nipton est passée, puis Cima et Kelso, avant de descendre dans la plaine au fond de laquelle on retrouve la route 66.

Puis, c’est l’arrivée à la station essence de Roy's, reconnaissable de loin dans le désert.

Fred s’y installe à une table, avec une « root beer » fraîche et se met à attendre le reste de la troupe dans la chaleur étouffante de l’après-midi.

L’air est sec et immobile et l’horizon tremble dans la chaleur qui monte d’un sol régurgitant ses sels minéraux sous l’effet de l’évaporation. Rien ne semble pouvoir pousser hormis les cailloux.

Le moment est assez magique. A côté de la station essence, un motel de quelques cabanons est en cours de restauration dans son style des années 50.

En face, la poste. Au milieu, la route 66 rectiligne de part et d’autre sur des kilomètres, bordée de poteaux télégraphiques.

Au loin, une ligne de chemin de fer.

Il ne se passe rien, ou presque, dans cet endroit où le temps semble s’être arrêté.

Une heure plus tard, un nuage de poussière à l’est signale des cavaliers. Des Indiens ? Des Mexicains ? La cavalerie ? Non, c’est juste Phil et les autres qui arrivent à leur tour, pas fâchés de s’enquiller une boisson fraîche après cette chevauchée torride.

Après moult tapes dans le dos, les motos sont à leur tour ravitaillées et nous remontons en selle pour piquer au sud par la Amboy Road qui nous mène dans la vallée de San Bernardino.

Nous prenons nos quartiers pour la nuit à 29 Palms, au motel « El Rancho Dolores » dont le nom va s’annoncer prémonitoire pour certains.

La ville est proche d’une base d’entraînement des Marines, ce qui fait qu’une maison sur deux s’annonce coiffeur spécialiste du « Marine cut ».

Peu intéressés par une tonsure, nous nous mettons en quête d’un restaurant que nous trouvons bientôt un peu à l’extérieur. Le Palm Inn nous accueille avec ses tables au bord de la piscine, sous les frondaisons de deux immenses palmiers qui bougent faiblement dans la brise du soir.

Confortablement installés, nous passons commande d’excellents steaks au son de la guitare d’un bluesman local. La température est agréable, les vins également et les moustiques inexistants : que veut-on de plus ?


De retour à l’hôtel, chacun se couche, JM et Fred ayant le plaisir et le privilège de partager leurs couches avec des bestioles piquantes et suçantes.

Aïe ! Aïe Aïe !

 

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Chapitre 8. Lundi 15 juin 2009 : où l’on fini par faire plus de kilomètres que prévu (381 miles)

Au petit matin, n’en pouvant plus, JM se rue hors de la chambre et plonge dans la piscine dans une tentative désespérée de noyer les puces, tiques, punaises ou araignées rouges qui fourmillent sur son corps.

Epuisé, il s’écroule ensuite au soleil, espérant que ce dernier finira de brûler les dernières bébêtes récalcitrantes.

N’empêche, c’est en se grattant encore qu’il remonte à moto un peu plus tard, alors que nous quittons ce motel grouillant pour nous requinquer avec un solide petit déjeuner en ville.
 

Décidant de faire un crochet par Palm Springs pour visiter le musée de l’aviation, nous reprenons alors la route à travers la vallée, par Joshua Tree, yucca Valley puis Desert Hot Spring où nos entamons la descente vers Palm Spring couchés sur les motos pour diminuer au maximum la prise d’air, tant est violent le vent qui s’engouffre dans l’entonnoir formé par les deux vallées qui se rejoignent. En bas, la plaine est couverte de centaines d’éoliennes qui tournent à plein régime.

A Palm Spring, nous passons près de deux heures dans le musée, tournant autour des vieux coucous de la deuxième guerre mondiale comme des enfants, écoutant à peine les explications des vétérans pour grimper dans les B17, les Thunderbolt ou les Catalina qui sont exposés en parfait état de vol.

A la boutique, nous achetons également quelques t-shirts ornés de pin-up suggestives puis ressortons dans la fournaise où nous attendent sagement nos fougueuses montures.

Nous reprenons notre chemin en sens inverse, cette fois avec le vent en face, mais la remontée est moins pénible que nous le craignions. Arrivés à l’embranchement de la 247, nous prenons à gauche par la 247 et pénétrons dans la Lucerne Valley. Nous tentons ainsi de contourner Los Angeles par cette haute vallée assez aride. L’idée est de rejoindre Santa Barbara pour y passer la nuit. Nous déjeunons à Apple Valley. Au cours du repas, nous discutons de nos options, car la journée est déjà bien avancée, et rejoindre la côte parait illusoire. Nous optons pour une halte à Palmdale, à une centaine de miles de là et repartons de plus belle.

A Victorville, Nous prenons un premier embranchement et roulons une vingtaine de miles avant de se rendre compte de notre erreur : nous filons plein nord ! Retour sur nos pas puis nous cherchons à repartir sur l’ouest, ce qui nous amène à nous perdre dans un condominium de luxe dont un bon cinquième des maisons semble être à vendre.

Cette fois, c’est JM qui fonctionne comme chef pisteur, mais Phil semble avoir de la peine à passer le témoin. Résultat, ayant retrouvé l’autoroute, JM prend la bonne sortie après Victorville, alors que Phil et Dom foncent devant. Fred entreprend de les ratraper pour leur signaler la dislocation de la troupe. Phil marmonne une réponse et repart comme une fusée pendant que Fred attend Pat qui le dépasse. Le temps qu’il redémarre, Fred se trouve derrière et sort à la sortie suivante, convaincu que tout le monde a fait de même. Résultat, le voilà à nouveau en route plein nord, sur la 15 en direction de Barstow.

Il est alors pas loin de 17 heures. Fred rebrousse chemin dans l’intention de trouver un petit bled où passer la nuit, finit par tomber sur la route de Palmsdale où il arrive vers 18 heures. Et là, surprise, il tombe sur trois motards parlant au téléphone à un quatrième qui se trouve également dans les parages. Bon, l’équipe étant reformée grâce à la technologie de Dom, nous nous mettons en quête d’un hôtel. Hélas, il n’y a pas une chambre de libre à 80 miles à la ronde : un tournoi scolaire de soccer a lieu à Palmsdale.

Il ne nous reste plus qu’à enfiler une petite laine car un vent plutôt frais s’est levé, et à reprendre la chevauchée jusqu’à Ventura.

La nuit tombe doucement alors que nous entamons la descente des collines de San Gabriel. La circulation devient plus dense, il faut être attentif, d’autant plus que certains d’entre nous ne sont équipés que de lunettes…de soleil !

Cette chevauchée nocturne est néanmoins magnifique, même si la fatigue commence à se faire sentir. Il y a une ambiance à la Jules Romain dans « Les Copains », dans une transposition improbable d’une route au clair de lune, entre Ambert et Issoire, roues tressautant sur l’asphalte dégradé dans un bruit de moteurs pétaradants.

Les phares trouent faiblement la nuit et la crainte est grande de voir surgir sous nos roues un coyote en virée nocturne.

Après environ 80 miles à ce régime, nous essayons un premier motel à Santa Paula avant de décider de continuer malgré tout.

C’est ainsi que nous entrons à petite vitesse dans Ventura vers 22 heures où nous dénichons un Best Western tout à fait acceptable. Nous nous douchons rapidement et partons en ville, sans toutefois trouver autre chose qu’un bar irlandais dont la cuisine se résume à de solides bières brunes.

Cela ne suffit pas à Phil qui s’en va acheter des vivres avec Dom dans un super marché ouvert toute la nuit.

Nous nous retrouvons au bord de la piscine de l’hôtel pour un pique-nique nocturne frugal mais réparateur avant de se coucher vers une heure du matin.

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Chapitre 9. Mardi 16 juin 2009 : où l’on fait une journée off (47 miles)

Réveil sans contrainte aujourd’hui car nous avions décidé la veille de la jouer peinard, ne fixant comme objectif pour la journée que Santa Barbara, distante d’à peine 50 miles.

Petit déjeuner copieux dans un charmant café ombragé. Le rythme est très nettement plus nonchalant que la veille et il y a comme un petit air de vacances lorsque nous remontons sur nos bêtes métalliques.



Nous rejoignons Santa Barbara en début d’après midi, après avoir musardé par les petites routes et nous faisons halte sur le Pier. Bien qu’assez touristique, on y déniche toutefois un bar à vin tranquille, avec terrasse et mouettes.

Nous dégustons à l’ombre les spécialités locales. Hombre, que la vida es dura !

Nous remontons ensuite State Street jusqu’au motel Best Western Pepper Tree Inn où nous trouvons de belles et spacieuses chambres, comme à l’habitude avec cette chaîne.

Fred, Phil et JM partent à la recherche d’un vendeur de bottes qu’ils trouvent à De la Vina Street. Dans de puissantes odeurs de cuir, on y trouve bottes, chapeaux, selles et même un sac en couille de taureau : bref, tout pour le confort du cow boy ! Fred fini par craquer pour une paire de Lucchese noir.

Le soir, tout le monde se retrouve en ville. Et nous voilà déambulant tranquillement à l’heure de l’apéritif, dans la belle lumière de fin d’après midi.

Après de nombreuses Corona bien fraîches, happy hour oblige, nous choisissons un restaurant japonais pour y déguster des langoustes et des steaks, dans un nouveau show Tepanyake assez impressionnant. Le tout étant abondamment arrosé de saké, il nous faut faire une petite promenade digestive avant de renter au motel.

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Chapitre 10. Mercredi 17 juin 2009 : où l’on passe chez Clint (270 miles)

Levés un peu moins tôt que d’habitude, nous paquetons rapidement et reprenons la route du Nord, par la 101 d’abord, puis par la 1.

Nous musardons gentiment le long de la côte où se pressent d’énormes camping-vans de la taille d’un bus, certains tirant par-dessus le marché un véhicule genre gros 4x4. Ce sont généralement des surfers que l’on aperçoit en train de se balancer dans l’eau dans l’attente de la vague.

En direction de San Luis Obispo, nous traversons une région de cultures maraîchères et il flotte dans l’air un incroyable et entêtant parfum de fraises.

Nous déjeunons au bord de la mer à Morro Bay.

La route s’élève ensuite progressivement dans les San Lucia Range alors que nous progressons vers Cambria et les virages se font plus nombreux, ce qui fait que nous mettons 20 bonnes minutes à pouvoir dépasser un camping car lui-même précédé de trois motards allemands attifés comme des trappeurs et roulant au moins à 30 mph !



Une fois la voie dégagée, nous pouvons accélérer dans les superbes montagnes précédent Big Sur.

Nous nous arrêtons pour un café au Crooked Wheel Bar qui domine la mer au détour d’un virage, peu après avoir passé l’incroyable château de William Randolph « Citizen Kane » Hearst puis poursuivons à travers Big Sur, malheureusement sans s’arrêter à la bibliothèque de Henry Miller.

Nous roulons parfois derrière une première barrière de colline qui nous masque alors la mer. C’est un paysage de forêts de résineux vert sombre avec des trouées claires lorsque apparaît une clairière. On devine quelques maisons. Les collines sont assez escarpées et la température clémente. Ca et là, de part et d’autre de la route, des chemins de randonnée disparaissent sous les frondaisons. Quel plaisir de rouler dans ces conditions !

Nous entrons en fin d’après-midi dans Carmel-by-the-Sea, petite ville mortellement tranquille depuis que Clint Eastwood y a fait régner l’ordre. La ville n’est que succession de boutiques de luxe et de galerie d’art, avec ça et là un bar dont les enseignes cherchent à rappeler le passé sauvage et anarchique de Jack Kerouak, Hemingway et autres renégats littéraires.


Nous prenons des cocktails dans un bar ayant appartenu à Clint, alors qu’un groupe de riders ridés appartenant à un certain « West Schweiz Chapter » écluse des bières dans le patio.

Ensuite, c’est le traditionnel steak avant de retourner se pieuter au motel. On ne fait pas les malins car l’ambiance de cette bourgade trop lisse ne s’y prête pas et que le shérif tourne sans relâche à la recherche d’étrangers fauteurs de troubles.

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Chapitre 11. Jeudi 18 juin 2009 : où la boucle est bouclée (135 miles)

Le lendemain, nous voilà parti pour notre dernière journée de route.

Nous cherchons à rallier Monterey par la fameuse 17 miles Drive, mais des gardes sortent d’une guérite à notre approche et nous arrête : pas question de nous laisser passer, les motards sont interdits ! Nos engins font sans doute trop de bruit qui pourraient troubler la tranquillité des riches habitants de ces lieux ainsi que des joueurs du golf de Pebble Beach. Dépités, nous rebroussons chemin et reprenons cette bonne vieille 1 (par le Nord, Phil, pas le Sud, oups !) pour Castroville et Moss Landing.

Dom émet le désir de s’arrêter à Santa Cruz, que Fred persiste à situer dans les montagnes et non au bord de la mer, pour une visite mondaine chez une genevoise de ses connaissances qui y habite avec sa famille.



Nous y arrivons juste à l’heure de la bière aimablement offerte par ce couple d’amis qui habite dans une très belle villa moderne dans l’enceinte du golf de Santa Cruz, sur une colline dominant la ville. Ils nous conseillent un restaurant italien à Half Moon Bay pour y déjeuner. Peu après, nous voilà à nouveau en selle sur le Cabrillo Highway qui longe la côte.

Nous nous attablons en début d’après midi à la Mezza Luna, au bord de la baie de Half Moon, et ma foi, le conseil était bon : nous nous régalons d’antipasti et de produits de la mer avec un petit vin blanc frais de Californie pour certains et un rouge corsé pour d’autres.

Nous sortons quelque peu alanguis de cet excellent déjeuner et faisons quelques pas au soleil sur le port pour faciliter notre digestion car le long du golfe était devenu moins clair, après quoi, dans un furieux bruit de pistons et de bielles, nous repartons en direction de San Francisco.

Nous rejoignons ainsi notre motel de Corte Madera après une belle traversée du Golden Gate Bridge en fin de journée. Le brouillard étant absent, la vue est magnifique.

Le soir, nous redescendons en ville, et après avoir garé les motos, nous nous promenons un peu sur le Pier 49, dégustant au passage un verre de vin blanc avant d’aller dîner dans un excellent resto au pied du Bay Bridge, tout illuminé dans la nuit froide.

Assez fatigués, nous ne nous éternisons pas et rentrons avant minuit dans nos pénates.

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Chapitre 12. Vendredi 19 juin 2009 : où la troupe se sépare pour se retrouver (123 miles)

JM et Phil devant prendre un avion dans l’après midi, Fred persuade Dom et Pat de reprendre les motos pour un petit tour au Nord, vers Bodega Bay, à la recherche des séquoias.

C’est ainsi qu’après forces tapes dans le dos, la troupe se divise en deux et les riders restant remontent en selle tandis que Phil et JM rendent leurs motos.

Le temps est maussade et frais, avec un vent assez violent mais la route qui serpente dans le Marin County est superbe.

On remonte ainsi le long du bras de mer de Point Reyes en direction de Tomales puis Bodega Bay où nous nous arrêtons dans un café qui donne sur la mer pour un léger repas.

N’ayant pas trouvé de séquoia, nous décidons de revenir sur San Francisco par l’intérieur des terres.

C’est ensuite la traversée vers Sebastopol où nous bifurquons sur la 116 puis la descente vers San Francisco par la 101. Nous sommes de retour vers 16 heures au motel, ce qui laisse juste le temps à Fred d’aller se changer pour aller dîner en ville avec sa vieille tante.

Pendant ce temps, les deux derniers partent retrouver…les deux premiers, qui n’ont pas trouvé de place dans leur avion, loi du stand-by oblige !

Les quatre picolent donc tranquillement en attendant l’avion suivant de Phil et JM. Puis, Dom et Pat s’en vont dévaliser des boutiques de souvenirs avant de revenir à l’hôtel en traversant deux fois le Bay Bridge et encore une fois le Golden Gate, histoire de se faire plaisir, tandis que Fred fait un excellent dîner au Harry’s Bar en compagnie de sa tante, avant de rentrer lui aussi par le Golden Gate, par une nuit ma foi plutôt fraîche.

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Chapitre 13. Samedi 20 juin 2009 : où l’on fait les derniers miles

Lever tardif, paquetage et checking out sont le menu d’une matinée peinarde. Comme il nous reste du temps, nous filons encore sur Sausalito, histoire de profiter du beau temps et des bécanes jusqu’au dernier moment.

Nous flânons dans cette petite station balnéaire de la Bay Area, face à San Francisco avant de revenir à Corte Madera. Nous sommes accueillis à la concession par le toujours très cool Raoul qui tombe à la renverse en apprenant que nous avons roulé pendant plus de 5'200 kilomètres. Les bécanes n’ont subit aucun dommage majeur. Les formalités sont expédiées rapidement et, les inévitables t-shirts achetés, nous nous entassons dans un taxi pour l’aéroport. Nous nous envolons vers 17 heures, bien calés dans nos sièges, pour un vol sans histoire vers Londres et Genève.

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Fin d'une très belle aventure... !